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Aristote et les sciences économiques

Publié le

04 octobre 2017

Symphoenix

Les sciences économiques sont bien connues pour leurs théories fallacieuses basées sur des principes simplistes, telle que la croyance que tout est figé et demeure inchangé à travers le temps. La réalité est inaccessible aux universitaires dès lors que de telles croyances deviennent des objets à démontrer. Cependant, de plus grandes sottises, passées inaperçues, sont au coeur de nombreuses théories avec, en premier lieu, celle de la linéarité.

Notre système de pensée est un héritage de la séquence Aristotélicienne de logique : si X a lieu alors Y doit suivre… Malheureusement, nous pensons de manière linéaire et beaucoup de théories visent à embellir ce présupposé basique. Le monde de la finance veut sincèrement croire en des notions simplistes. « Augmenter les taux d’intérêt et la demande ainsi que l’inflation diminueront » est une de ces notions simplistes et erronées. L’Homme préfère croire dans des systèmes linéaires car dès lors que quelque chose a plus de 2 variables, cela devient difficilement compréhensible par des processus mentaux rationnels.

La tendance naturelle à vouloir tout ramener à une logique linéaire a donné lieu à de nombreux débats enflammés. Le meilleur exemple est celui opposant les tenants de l’offre et ceux de la demande. En prenant pour acquis le principe d’une économie réagissant de manière linéaire, ceux défendant la demande prétendent que l’économie peut être contrôlée par la manipulation des dépenses étatiques et des taux d’intérêt. En effet, ces derniers cherchent à utiliser le consommateur (l’agent véhiculant la demande) comme un marteau pour frapper les capitaux sur le crâne. Et pourtant, ces mêmes défenseurs de la stimulation par la demande affirme haut et fort que ceux prêchant pour la stimulation par l’offre ne font que donner aux riches au détriment des pauvres. Il est assez étrange de constater que jeter le consommateur dans les affres du chômage et faire augmenter son taux afin de diminuer la demande est au coeur du système de pensée des stimulateurs par la demande… Et le corollaire : il est difficile de comprendre comment la stimulation par la demande bénéficie plus aux pauvres qu’aux riches. Les tenants de la stimulation par l’offre défendent quant à eux l’idée que l’Etat devrait moins intervenir sur la demande. A la place, le gouvernement devrait stimuler l’économie en augmentant la masse des biens produits par la stimulation de l’offre.

Ces deux camps ont identifié 2 extrêmes d’un système non-linéaire, même si, dans une logique très binaire, ils pensent mutuellement que l’autre a complètement tort.

Très bizarre…

Pour l’exemple, la période 1976-1980 peut être qualifiée par le terme de « spirale inflationniste mue par la demande ». Augmenter les taux d’intérêt dans ses conditions fait alors sens car c’est la demande qui explose au-delà de la norme. L’accumulation de biens et la spéculation étaient en pleine expansion. Ainsi, la politique à mettre en place dans ce contexte doit faire appel à la pensée de la gestion de la demande car c’est cette dernière qui est hors-de-contrôle.

Néanmoins, depuis le krach de 1987, la spéculation n’est plus le problème. Nous ne sommes plus confrontés à une demande excessive entraînant l’accumulation de matières premières. Pourtant, les gouvernements emploient toujours une politique visant à contrôler la demande pour manipuler l’inflation. Très clairement, à l’heure actuelle, c’est la pensée liée à l’offre qui devrait embrassée.

Tout ça pour dire que le plus important dans la gestion de l’économie est de comprendre le contexte dans lequel on se trouve. La stimulation par l’offre ou la demande sont aussi valides l’une que l’autre. Mais il y a un temps pour tout car le système dans lequel nous évoluons n’est pas linéaire.

Classé dans : Economie

Mots clés : Aristote, offre, demande


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