Jack's Blog

Je suis le blog de Jack

QUESTION : M. Armstrong; tout d’abord, merci infiniment de partager avec nous vos vues sur la façon dont le monde fonctionne réellement. Alors qu’on est abreuvé de théories du complot, vous êtes le seul qui ait une véritable expérience des choses que vous traitez ici. Mon neveu travaille dans une des 10 plus grandes banques au monde. Il m’a confié que tout le monde vous lit dans la salle des marchés et que vous tapez dans le mille à chaque fois. Mais ils ne peuvent s’exprimer publiquement. Il m’a également dit que vous seul semblez vraiment contempler la profondeur des abîmes qui nous guettent. Ce qu’il m’a expliqué était que les avoirs des banques ne sont pas « mark-to-market » (ndt : ne reflètent pas la valeur du marché) et que vous avez raison en disant que nous nous dirigeons vers une crise majeure. Est-ce que c’est le système bancaire dans son ensemble, plombé par de la dette souveraine, qui va s’écrouler dans une crise majeure de liquidités ?

Merci encore. Il y a beaucoup plus de gens à votre écoute que vous ne le pensez.

KW

REPONSE : Oui. J’entrerai dans les détails lors de la « Conférence de la Solution ». Malheureusement, les média ne rapportent pas les vrais problèmes qui sous-tendent ce que nous avons appelé BIG BANG. Le cœur du problème est comme toujours la corruption des politiques. J’ai expliqué comment ils ont transformé l’entité de banque privée en un outil visant à prendre à leurs comptes de la dette gouvernementale. Mais la face cachée de l’histoire est la qualité des avoirs bancaires. C’est la raison derrière l’effondrement de l’Euro.

Les institutions financières ont le devoir de détenir dans leurs avoirs des obligations d’Etats et il n’y a pas de contraintes de refléter les encours véritables (pas de mark-to-market) de celles-ci car il y a un parti-pris politique qui prévaut sur la façon dont fonctionne réellement l’économie : les obligations d’Etat sont perçues comme « sans risque ». En d’autres termes, les avoirs bancaires déclarés ne reflètent pas la situation réelle du marché. Si un gouvernement fait défaut, bye bye le système bancaire dans son ensemble.

La crise de la dette européenne est l’exemple typique de la falaise que nous avons à gravir. Tout pourrait honnêtement disparaître en un battement de paupières. Plusieurs pays, comme la Grèce, ont souffert lourdement du fait que leurs dettes nationales aient augmenté en valeur lors du passage à l’Euro. Les pays du Sud de l’Europe ont payé un prix terrible lors de ce passage. La notation des obligations correspondantes à celles des pays du Sud de l’Europe est désormais « junk » en réalité. Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, a averti qu’il y avait un problème sur ce point pour les pays économiquement importants.

Les règles en vigueur à l’heure actuelle pourraient conduire à un chaos bancaire total. Mais entrent également en jeu les fonds de pension et les compagnies d’assurance. Tous ont des obligations d’Etat « sans risque » dans leurs livres de comptes. Ajoutez à ce bazar le fait que les politiciens ne rembourseront jamais leur dette, ne faisant qu’en augmenter le montant année après année sans intention de rembourser quoique ce soit. Alors pourquoi s’embarrasser d’obligations d’Etat ? Et en quoi viennent-elles en soutien au système bancaire lorsqu’il n’y a aucune intention ferme d’honorer cette même dette ?

Ceci est un tel paquet de nœuds qu’il n’y a pas d’autres termes pour le décrire que BIG BANG. Tout est connecté. Absolument tout. Renversez une chose et vous obtenez une cascade de défaillances généralisées. Les gens peuvent modéliser une Intelligence Artificielle et annoncer au monde que désormais, ils en feront usage. Le problème est qu’il faut une base de données bien au-delà de ce que l’on peut acheter sur Internet, sans parler du code qui prend des décennies à écrire et améliorer. Ce n’est pas un projet scolaire de 3 mois. Nous sommes vraiment dans la panade là.

 

Source : http://armstrongeconomics.com/2015/03/10/sovereign-debt-crisis-on-steroids/ (2015-03-10)

Classé dans : Economie

Mots clés : crise, dette souveraine, Europe, Martin Armstrong


À lire également :