Jack's Blog

Je suis le blog de Jack

La Théorie Quantitative de la monnaie qui veut qu’une augmentation de la quantité d’argent en circulation conduise à un abaissement de son pouvoir d’achat (inflation) est en train d’être sérieusement remise en question dans la coulisse. Cette idée simpliste commence à être présentée comme un mythe dépassé. Il est intéressant de constater le nombre de coup de fils que nous recevons en provenance du monde entier de personnes demandant : Mais bon dieu que se passe-t-il ?

Même en Angleterre le taux d’inflation est proche de zéro, selon les chiffres officiels, ce qui intensifie sérieusement le débat sur les taux d’intérêt et fait prendre le risque à l’économie anglaise d’entrer dans une période de déflation pour la première fois en plus de 50 ans.

Au Danemark, empruntez de l’argent et la banque vous paiera pour avoir le privilège d’être choisie. Des médias locaux fournissent des exemples d’entrepreneurs appelant leurs créanciers et insistant sur le fait qu’il y a un problème avec leurs relevés d’opérations car la banque les paie pour emprunter de l’argent. Bienvenue dans le monde des taux d’intérêt négatifs. C’est un monde dans lequel les banques ne veulent plus de votre argent.

Ce nouveau monde génère des comportements étranges et nous recevons de plus en plus de requêtes nous demandant ce qui peut bien être en train de se dérouler en ce moment ? Comment la théorie monétaire peut-elle se révéler erronée à ce point ? Les économistes et les banquiers luttent pour expliquer ce que tout ça signifie et quand cela se terminera.

La FED a augmenté la quantité d’argent en circulation avec ses assouplissements quantitatif 1 à 3, mais l’inflation n’est pas montée en flèche, le prix des marchandises (l’or y compris) s’est effondré et tout le monde jure que le marché actions va s’effondrer sous peu et malgré tout, personne ne semble se demander quel sera l’impact sur les taux d’intérêt si cela se produisait ? Aujourd’hui, un « Flight To Quality » (action consistant à investir ses fonds sur des obligations d’Etats, considérées comme plus sures en temps de crise) nous amènerait à quels niveaux ? - 5% ?

Les banques centrales ont tenté désespérément de raviver des économies anémiées en réduisant les taux d’intérêt à des niveaux record et en injectant des centaines, voire des milliers, de milliards d’unité monétaire dans le système en essayant de se caler sur les prédictions de la Théorie Quantitative de la monnaie dans une quête audacieuse que tout le monde appelle assouplissement quantitatif.

La déflation commence désormais à frapper l’Angleterre et malgré le fait que le taux d’escompte soit à 0.5%, Andy Haldane, l’économiste en chef de la Banque d’Angleterre, a prévenu qu’il pourrait encore diminué. Le taux directeur des dépôts de la BCE (le taux auquel elle rémunère les banques commerciales qui laissent leur argent dans les coffres de la BCE) est négatif, à -0.2%. Au Danemark, il est de -0.75%. L’idée derrière tout ça est de rendre les banques frileuses à l’idée de parquer leurs liquidités afin de les forcer à prêter aux entrepreneurs.

Il semble que l’idée que la Théorie Quantitative de la monnaie soit censée fonctionner commence à être remise en question, mais seulement après quelques verres. La FED est dans la position inverse et envoie des signaux indiquant qu’elle va peut-être devoir augmenter ses taux. Ceci rajoute encore davantage à la confusion générale. Qu’est-ce qui fait que la FED se mette à agir de manière inverse à la position européenne ?

Hello ! Personne n’a jamais entendu parler des flux de capitaux ? La Théorie Quantitative de la monnaie est le résultat de l’observation d’une coïncidence qui s’est toujours révélée erronée. Elle s’appuie sur la même supposition fatale qui invalide la théorie de l’offre et de la demande. Jean-Baptiste Say devint célèbre pour « la loi de Say » qui postule que l’offre créée sa propre demande. C’est un concept qui a été vivement critiqué par Keynes. Effectivement, augmenter uniquement l’offre ne se traduira pas par une augmentation de la demande. Il doit y avoir un marché pour cela. S’il y a une pénurie de quoique ce soit, la demande peut en réalité décliner. S’il n’y a pas assez d’offre alors la demande ne se développera pas.

Ce que Keynes n’a pas vu et qui est actuellement négligé, concerne la partie « demande ». Il est ADMIS qu’il existe une relation DIRECTE entre offre et demande. Alors que ce n’est pas le cas. Il y a un troisième intermédiaire impliqué et qui s’appelle LA CONFIANCE. Même si les taux d’intérêt vont en territoire négatif, on ne peut pas obliger la DEMANDE à repartir sans CONFIANCE. C’est la raison pour laquelle le marché actions n’a JAMAIS fait un top deux fois dans l’Histoire avec le même niveau empirique de taux d’intérêt.

Des contagions ont impacté le monde économique dès son origine. Vous ne pouvez pas gérer une économie domestique en ayant recours à de telles idées simplistes consistant à augmenter ou diminuer la quantité de monnaie en circulation. Hérésie dites-vous ?

La Crise Economique Florentine majeure de 1343, qui conduisit les gens à brûler les palaces des banquiers, a été déclenchée par des influences externes venant de France. Les Français ont tenté de créer de l’inflation en augmentant le prix du métal argent lié à celui de l’or (ratio argent/or). Les USA ont commis la même erreur stupide au cours du 19e siècle et ont dû faire appel à l’aide de JP Morgan en 1896 afin d’éviter une banqueroute étatique. Les Français ont emprunté un chemin aussi stupide au 14e siècle.

Le prix du métal argent augmenta de manière folle du fait de la dépréciation monétaire menée par la France. Et cette contagion se répandit largement. Le ratio argent/or perturba tout le monde en Europe. En 1316, ce ratio s’établit à 13.62:1 à Florence et à 12:1 en France. En faisant monter le cours de l’argent, ce ratio tomba à 5:1 en France en 1343, ce qui généra un chaos qui, par capillarité, fit se déclencher des émeutes à Florence.

Florence avait mis en place un système monétaire à deux niveaux où les salaires et le commerce local utilisaient le métal argent comme unité monétaire et où l’or n’était utilisé que pour le commerce international. L’augmentation du cours de l’argent entraina une augmentation des coûts de production ce qui simultanément entraîna une diminution de la valeur des échanges commerciaux (par une réduction de leur nombre) et même celle des encours des crédits consentis aux particuliers, comme aux rois. Ceci déclencha une vague massive de déflation qui entraina une chute de la production et une augmentation du chômage. Par voie de conséquence, la première émeute éclata en 1343 dans laquelle la dépréciation monétaire française contribua à attiser l’impatience de la population.

La dépréciation monétaire française déclencha une contagion qui entraina des troubles civils à Florence où les salaires et le coût quotidien de la vie étaient exprimés et liés officiellement au cours du métal argent, sans parler des prêts domestiques. Comme l’argent s’apprécia dramatiquement face à l’or, les revenus liés aux prêts et aux échanges commerciaux internationaux qui avaient été libellés en florins d’or se déprécièrent jusqu’à arriver à un tiers de leur ancienne valeur exprimée en argent. Les coûts de production augmentèrent également de presque 300% et ceci entraîna une brusque hausse du chômage. La dépréciation monétaire française faisait s’effondrer l’économie florentine comme un château de cartes. Pourquoi ? Parce que la masse monétaire n’est jamais exclusivement domestique. C’est une des plus grandes incompréhensions et c’est pourquoi la Théorie Quantitative de la monnaie est bien trop simpliste et n’a JAMAIS tenu la route car l’économie a toujours été mondialisée, et ce même durant l’Antiquité.

« Le budget devrait être à l’équilibre, la Trésorerie devrait être remplie, la dette publique devrait être réduite, l’arrogance de l’administration devrait être tempérée et contrôlée, et l’assistance aux territoires étrangers devrait être restreinte faute de quoi Rome finira ruinée. »

Cicéron se tint devant le Sénat romain en 55 av. JC et avertit, déjà à l’époque, qu’il y avait une fuite de capitaux vers l’Asie (la Chine) du fait de l’importation de produits de luxe tels que les épices et la soie. Ce fut l’empereur romain Marc Aurèle qui envoya même un ambassadeur en Chine en 180 apr. JC. Il y a toujours eu des flux de capitaux, ce qui est pourquoi nous avons développé un modèle traquant ces flux à l’échelle du globe.

Alors désolé, la Théorie Quantitative de la monnaie est bien trop simpliste pour réellement fonctionner. Cela restreint notre perspective à une économie purement domestique et comme nous l’avons vu depuis les assouplissements quantitatifs 1 à 3, cela ne se traduira pas par de l’inflation dans une relation directe où 1+1=2.

 

Source : http://armstrongeconomics.com/2015/03/23/quantity-of-money-theory-being-scrapped/ (2015-03-23)

Classé dans : Economie

Mots clés : théorie quantitative, Florence, dépréciation monétaire, France, Cicéron, Marc Aurèle, Martin Armstrong


À lire également :