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Bonheur morphéique

Publié le

24 avril 2015

Symphoenix

Cette nuit-là, il rêva encore d’elle... Tel un mécanisme de survie, le sommeil était devenu pour lui un refuge. Il s’y sentait bien, détendu et en paix. Tous ces sentiments que son statut lui interdisait d’apprécier pendant ses phases d’éveil.

Il arrêterait de dormir si jamais elle se décidait à rester cachée au-delà de son inconscient. Il passerait certainement aux pilules anarcogènes. C’était aussi pour tous ces esclaves modernes, dont les « employeurs » avaient tiré un trait sur les règles de la Nature, qu’il luttait.

Elle était là. Elle se tenait debout sur une plage inexplorée d’un lieu pareillement inconnu. Le sable était ocre et le ciel, violet, se réverbérait sur une mer qui se laissait docilement teinter. La lumière émise par ce soleil paraissait étrangement tamisée. De lentes et légères vaguelettes s’écrasaient fébrilement sur ses chevilles. Ses cheveux roux se balançaient dans le vent à la manière de petites flammèches qui auraient cherchées désespérément de l’oxygène pour survivre. Sa peau, claire, épousait délicatement ses chairs. La couleur de ses yeux résultait d’une combinaison sublime de bleu cendre et de vert émeraude. Incroyablement vifs, ils étaient comme deux grands livres ouverts sur sa vie.
Tout passe par le regard.
Son nez, discret, lui servait uniquement à faire une très légère grimace quand elle sentait qu’était venu le temps de leur séparation quotidienne. C’était en quelque sorte sa façon à elle de lui dire : « A demain, j'espère ».

Etait-ce un ange ? Si oui, pourquoi l’avoir choisi, lui ? Si non, qu’était-ce alors ? Ces questions, ils n’y pensaient que lorsque la brume onirique se dissipait.
Elle ne parlait pas. Aucun son n’était jamais sorti de sa bouche. Cela aurait été superflu. Ils se comprenaient et les mots auraient été un obstacle à leur entente.


Toujours le même rituel, elle lui prenait la main et ils se promenaient sur cette immense étendue sableuse pendant de longs instants bénis. Ils en appréciaient chaque moment car ils savaient tous deux que cela pouvait être les derniers. C’était l’incertain qui lui plaisait… qui leur plaisait. Cette femme lui permettait de survivre et sans lui, elle ne serait plus. Ils étaient en symbiose parfaite. Ce qui les liait était la manifestation de ce qu’était l’Amour dans sa forme la plus singulière.

La première fois qu'elle lui était apparue, il avait réalisé deux choses primordiales : notre capacité au bonheur était à aller chercher en nous-mêmes et cette société, et surtout certains de ses acteurs, nous en barrait la route.

Il cherchait un but à sa vie, il le trouva cette nuit-là.

Classé dans : Perso

Mots clés : rêve


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