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L'incroyable histoire de Liliane Poindeveau

Publié le

05 novembre 2014

Symphoenix

« Comment tu peux me faire ça ? On a passé 5 ans à essayer de construire quelque chose et tu balaies tout ça… par la fenêtre… sur un coup de tête ! C’est ça que tu es en train de me dire ? »

Liliane n’en revenait pas : René la quittait. Alors qu’elle avait toujours eu l’impression que d’eux deux, c’était lui qui l’aimait le plus, la vie en avait décidé autrement. Enfin la vie, cette petite pute de secrétaire salope qui saute sur tout ce qui bouge, oui. 

Dire que pour une fois, Liliane avait décidé de ne pas écouter son instinct, qui lui ordonnait de prendre des mesures de prévention, mais de faire confiance à son homme. Belle leçon. Elle se jura qu’on ne l’y reprendrait plus alors qu’elle assistait incrédule à la scène la plus pathétique qu’on ait pu offrir à ses pauvres yeux de toute sa vie : son mari faisant le tri des affaires qu’il souhaitait emporter avec lui. Il fallait le voir, le dos voûté, le regard fuyant, le souffle lourd, remplissant sans conviction une valise n’ayant servi qu’à leur voyage de noces.

C’est à cet instant qu’elle sût qu’elle se remettrait très vite de cette histoire : elle ne l’aimait déjà plus. Oui, elle était comme ça Liliane Poindeveau, entière dans ses sentiments. Comme elle aimait à le répéter :

« Avec moi, c’est soit tout blanc, soit tout noir, même si je préfère quand c’est tout blanc. »

Qu’est-ce qu’elle avait pu en emballer du facho avec cette phrase… Reliquat d’un racisme culturel et familial, pardonnez-la. Elle avait envie d’un verre de JB mais elle attendrait qu’il ait fui pour ne pas lui donner ce plaisir.

« T’es bien qu’une sous-merde comme ton père. Vous êtes une famille de ratés ! » lui vociféra-t-elle alors qu’il hésitait dans son choix entre 2 caleçons de la même couleur, mauve…

Elle transpirait de haine, son champs de vision s’était rétréci sous l’effet de l’adrénaline, son coeur lui cognait dans les tempes, sa gorge sèche lui faisait un mal de chien : elle ne contrôlait plus rien. Il était temps qu’il parte sinon un drame aurait lieu. 

Si vous voulez une happy end, tapez 1. Si au contraire, vous désirez qu’un drame ait lieu, tapez 2. C’est à vous.

« Dis donc petit enculé, tu crois pas que tu vas t’en tirer comme ça ? » hurla-t-elle en le menaçant du calibre 12 de son grand-père.

René avait le souffle coupé. Il ne croyait pas à ce qui était en train de se passer. Comment cette si charmante jeune femme avait-elle pu changer à ce point en 5 ans ? Il savait qu’elle l’avait toujours plus aimé que lui ne l’aima elle, mais était à 100 lieues d’imaginer qu’elle craquerait sous le coup de cette histoire d’adultère inventée de toutes pièces pour pouvoir foutre le camp. Il ne voyait pas comment il pourrait s’en sortir. Car il était comme ça René Fol, trouillard comme pas deux, avec un don pour se mettre dans des histoires embarrassantes. Comme cette fois à l’armée où on le retrouva sous le bureau du général, en compagnie du général… Quelqu’un sonna.

« C’est ta morue qui passe te chercher ? » tonna Liliane à l’adresse de sa loque de mari qui sanglotait, roulé en boule contre le mur. Elle descendit les marches aussi vite que son pied-bot ne le lui permettait afin de recevoir la pouffiasse comme il se devait : à coups de crosse dans les dents.

A l’ouverture de la porte, tout était là : la blondeur angélique, le sourire éclatant, les yeux de biche, le décolleté aguicheur et le jean moulant, bref le stéréotype de la femme qui allait réussir dans la vie. D’ailleurs, Marlène Fissa serait nommée d’ici 2 ans à la tête du département « Marketing » de la firme de lubrifiants pour laquelle elle et René travaillaient.

Elle embraya instantanément : 

« Madame Fol, pouvez-vous dire à votre mari que je ne suis nullement intéressée par ses avances ? J’ai un fiancé qui me comble entièrement et j’ai honte d’avoir à vous dire ça, mais pouvoir décrire l’anatomie intime de votre mari est une chose dont je me serais bien passé dans la vie. »

"Oh l’enflure de sac à étrons perforé ! Jamais on ne m’a menti de la sorte." 

Après avoir claqué la porte au nez de la greluche, Liliane dévora les escaliers (autant que faire se pouvait) avant d’arriver dans une chambre vide, désertée par le lâche René, la pire crevure que la Terre ait eu à porter. Mais il ne s’en tirerait pas ainsi, foi de Poindeveau. 

« Ca me prendra le temps qu’il faudra, mais je me vengerai » se jura Liliane, décidée à prendre la parole au nom de toutes les femmes bafouées qui souffrent en ce monde. C’est ainsi que naquit Lilwoman, justicière infatigable au service de son genre, inclassable.

Vous faites vraiment chier avec vos happy ends…

Classé dans : Perso

Mots clés : Lilwoman


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