Une histoire d’Amour

Et alors que nous courons sur la route d’un futur incertain, la peur n’est plus. Habituellement guide suprême, maître de nos gestes, nous avons su la vaincre par la force de l’Amour. Ne serait-ce pas là l’entreprise du Malin que de réduire ce sentiment en un élément anodin, commercial ou acquis de la Vie ?

Le monde vu à travers les yeux de la peur fait peur. Cycle infernal qui piège de si nombreuses âmes en souffrance, ou des individus se posant les mauvaises questions. Et pourtant, parvenir à introduire l’Amour au sein de son existence revient à réussir l’introduction d‘une lumière à l’origine faible lueur qui, nourrie, devient rapidement éclat solaire. Le regard doit s’y habituer et c’est toute une éducation à refaire. Tellement puissante que rien ne saurait y résister : raison même qui fait qu’elle apparaît comme dangereuse (ou ridicule) à ceux qui cherchent à effrayer. Mais plus rien n’effraie le coeur en mouvement. Dieu ne se repose-t-il pas dans la raison ? Et ne se meut-il pas dans la passion ?

Combattre la peur par l’Amour est la seule solution face à la crise que nous allons vivre. Crise qui se manifestera à tous les étages de notre société car touchant à la dette des Etats. Nous sommes au bord du précipice : nous nous dirigeons vers des temps très sombres si nous ne retrouvons pas rapidement foi en l’Humanité, dont on a perdu la trace par l’optimisation à tout crin des moyens de production, car les problèmes auxquels nous allons devoir faire face lors des prochaines années viendront à bout des liens les plus fragiles.

Et quand je parle d’Amour, je n’entends pas assister transis, lunettes aux verres rose bonbon sur le nez, aux problèmes sociaux et sociétaux qui fournissent actuellement en abondance un terreau si fertile aux extrêmes, mais de tout faire pour corriger cette myopie contagieuse se répandant comme une vilaine grippe et qui fait que l’Etranger, ou tout ce qui est ressenti comme différent de soi à petite ou grande échelle, soit perçu comme une menace. Menace qui viendrait s’opposer à un modèle stable d’existence, modèle souvent non expérimenté par ceux qui en vantent les mérites passés ou à venir.

Historiquement, nous avons déjà vécu cela. Les passions de l’Homme étant restées les mêmes à travers les âges, il est compréhensible que nous répétions les mêmes erreurs. Mais serait-il possible d’essayer pour une fois de ne pas les reproduire ? L’Histoire est un catalogue de solutions. Ouvrons-le ensemble, collectivement. Et qu’y découvrirait-on ? Que tout est cyclique. C’est la raison même de toute chose. Du rythme des saisons au caractère ondulatoire de la lumière, de l’activité volcanique au parcours de l’eau, des migrations animales aux courants marins, en passant par les phases d’expansion/contraction de l’économie. Absolument tout est cyclique. Et tous ces cycles s’assemblent et forment les rouages d’un mécanisme appelé civilisation. Bouger un élément d’un cran et c’est tout le système qui s’en trouve modifié.

Mais reste l’Amour. Le véritable Amour de l’Autre s’est affranchi de l’aspect cyclique naturel. Certains y verront une trace du divin. D’autres un mécanisme de survie. Tout est une question de perspectives.

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