L’ère de la radicalité

Après plus d’une décennie de torpeur, le monde sort d’une léthargie la tête enfarinée et force est de constater qu’il faut toujours se méfier de ce que l’on souhaite car on risque de l’obtenir.

Je m’explique.

Beaucoup reprochaient aux peuples d’être endormis et de se laisser guider droit vers un ravin par des politiciens persifleurs. Et bien, le troupeau s’est réveillé et s’est dispersé… Les bêlants se sont scindés en groupuscules dans une splendide explosion de l’esprit de corps où chacun prétend désormais détenir LA Vérité absolue à laquelle les Autres doivent se soumettre. Cela ne peut que dégénérer en affrontements physiques. Ce n’est qu’une question de temps. Le danger réside à l’intérieur, pas à l’extérieur.

Nous voilà donc rentrés de plein pieds dans ce que j’appelle, l’ère de la radicalité.

Quel magnifique mouvement de balancier ! Les gens agissent aujourd’hui à la manière d’un type qui ne saurait pas se battre mais qui tente, pour la première fois de sa vie, de s’imposer et, ne maîtrisant en rien sa force, cause des dégâts irréversibles. (Hep, l’asticot !) C’est formidable de pouvoir être contemporain de l’amorçage de la bascule.

Le switch embrasse tous les pays dits « occidentaux » dans un tempo similaire. Nos « vieux pays démocratiques » semblent régis par les mêmes lois métaphysiques. Que de tensions socio-économiques ! Et il semble que la Nature obéisse à la même synchronisation. La volatilité des températures n’a d’égale que celle des opinions. Stupéfiant !

Donc, on assiste à l’émergence d’îlots de pensée où l’entre-soi stimule l’impression d’être dans le vrai. L’acquisition de la Connaissance est devenue accessoire de par l’ubiquité du Savoir. Merci Internet. On semble avoir oublié que l’éducation ne consiste pas seulement à apprendre des faits mais également à apprendre comment se comporter avec des connaissances nouvelles. Bye bye le statut. Finis le respect dû aux médecins, scientifiques, pompiers, policiers, avocat etc… Le consumérisme a implanté dans nos têtes que l’on était TOUS des dieux. Le client est ROI, n’est-ce pas ? On a fini par y croire et désormais, la frustration ne fait plus partie du panel des sentiments acceptables et acceptés. Frustrerait-on un être tout-puissant ? Non, plus aucune limite ne se dresse devant l’EGO surdimensionné du consommateur. Alors chacun, par l’intermédiaire de ces îlots de pensée, tente d’imposer son point de vue aux Autres. Qu’en sera-t-il quand le verbe disparaîtra ? Quand la communication sera totalement rompue ?

Bienvenue dans l’ère de la radicalité !

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés