Rébellion

Puisque tu ne pleures jamais, j’aimerais que tu comprennes que la force d’un Homme ne se mesure pas à ses faiblesses. Que la fragilité des esprits sensibles se transforme en force s’ils parviennent à dépasser les attentes que l’on a placé en eux très tôt. Trop tôt…

Il arrive un temps où se murer dans le silence ne sert plus qu’à nourrir le vice de la suffisance. Alors cours pieds nus dans la neige en février. Alors respire à pleins poumons les délicieuses senteurs du genévrier au printemps. Égraine le sable libéré de son écrin de verre lorsque tu brises la mesure du temps en juillet. Et allonge-toi l’espace d’un instant savoureux dans les feuilles mortes des érables en automne. Là, tu auras un aperçu de ce qu’est la communion avec le Tout. Ton hostie est ton corps. Ton Dieu est en en toi. Ne cherche pas à te complaire dans l’éducation que tu as reçu mais cherche à la dépasser comme un paradigme faillible sur lequel tu serais forcé de construire car cliché figé d’une époque.

Je suis ton guide. Ton tuteur. Je suis l’indicible car frêle bonheur. Et lorsque tu auras compris l’essentiel, dans l’essence du ciel, tu auras accès au firmament de la complétude. Tu seras absolu. Déraison de l’hystérisation des masses en vue de mieux les contrôler. Mortifère division de l’esprit de corps. Nous sommes légions à penser de la sorte et préparons notre revanche sur l’optimisation des moyens de production, c’est-à-dire l’avilissement de l’humain.

Mon fil à plomb est d’aplomb. Je sais fabriquer des architectures surenchérissant sur les précédentes. J’ai intégré vos codes, parle votre langue et en cela, je suis votre pire cauchemar. Car l’ennemi intérieur est celui que l’on ne voit pas venir. Je baigne, nimbé d’une gloire passée, dans l’éternel certitude que je suis valable. Vous respectez mon intellect par honnêteté. Vous avez tort. Votre soumission n’aura d’égale que l’oppression que vous avez faussement mise en place. Tel le ressort comprimé dont les entraves volent en éclats, rien ne saurait m’obliger.

Et lorsque vous vous mettrez à genoux devant tant de beauté révélée, mon glaive s’abattra avec fracas sur vos artifices car je suis incorruptible !

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