De l’existence des phénomènes cycliques

« Platon raconte comment l’un des amis de Socrate, Chéréphon, avait questionné l’oracle de Delphes afin de savoir s’il existait quelqu’un de plus sage que Socrate, et l’oracle de répondre que nul n’était plus sage que Socrate. Socrate se demanda alors ce que l’oracle avait bien pu vouloir dire et il se lança dans une longue enquête auprès de ceux qui, selon la tradition grecque, possédaient la sagesse (hommes d’Etat, poètes, artisans), pour découvrir quelqu’un de plus sage que lui. Il s’aperçût alors que tous ces gens croyaient tout savoir alors qu’ils ne savaient rien. Il en conclût que s’il était le plus sage, c’est parce que lui, au moins, savait qu’il ne savait rien. »

C’est par ce préambule que je souhaite débuter mon intervention. Il y a 10 ans, je me suis lancé dans la quête de la compréhension de ce qui faisait choir les empires. La question qui m’animait alors était : comment les Mayas, les Grecs ou les Romains ont pu, sous leur forme antique, laisser leur place à d’autres civilisations sur le devant de la scène ? Je me suis donc plongé dans l’Histoire sans a priori, oubliant tout ce que je croyais savoir, et ai entamé mon périple sur le dos de personnes formidables qui n’ont eu de cesse de me guider dans mon apprentissage.

Ce que j’ai découvert est absolument sidérant : tout, absolument tout, obéit à un cycle très précis. La raison ? C’est la façon dont l’énergie se propage dans l’Univers. Des photons, qui ont une fonction ondulatoire (ainsi que particulaire mais ce n’est pas le sujet), au rythme des saisons, du mouvement des planètes aux menstruations, des migrations animales à l’économie, de l’expansion des empires au climat, rien n’échappe au fonctionnement cyclique.

Cela a été une révélation et m’a permis d’orienter mes recherches vers la mise en évidence de ces différents cycles. Au fur et à mesure que j’avançais dans leur étude, il apparût que ces cycles s’influençaient mutuellement à des degrés divers et variés. Puis ma rencontre avec Mandelbrot a achevé de parfaire l’emboîtement ultime : l’aspect fractal de la Nature ne pouvait plus être ignoré. La conclusion : tout est dans tout, et inversement !

Au sujet de l’Homme, je me suis arrêté à 4000 ans av. JC mais s’il y avait plus de données disponibles, je suis certain que cela ne s’invaliderait pas pour la simple et bonne raison que la nature humaine n’a pas bougé d’un iota en 6 millénaires. Mêmes craintes, mêmes désirs, mêmes passions, mêmes travers. Les outils utilisés ont évolué mais pas l’utilisateur. En somme, seul le niveau technologique a progressé.

Alors comment résumer simplement en quelques lignes le fruit de 10 ans de travail acharné ? Ce n’est pas évident. Ce que je peux dire avec certitude est que ce qui cause la chute des empires est toujours, et sans exception, la Corruption de la structure étatique qui les chapeaute et donc de la disparition de la Règle de la Loi.

La montée en puissance du processus démocratique à Athènes au cours de l’Antiquité tranchait nettement avec ce qui se pratiquait jusqu’alors et fut bien plus significatif que ce que beaucoup présupposent lorsqu’ils se contentent de survoler la question. Leurs soi-disant dieux n’étaient pas ce qu’on imagine aujourd’hui quand on évoque un dieu unique qui créa le monde. Leurs dieux n’étaient pas des créateurs, mais peut-être plus des sortes de super-héros ou de manipulateurs maléfiques; des formes d’extensions de la nature humaine. D’ailleurs, ces dieux antiques étaient dépeints sous des apparences humaines, à l’opposé de créatures sauvages. Ceci reflète un concept qui trouve comme point d’origine la Grèce et qui est l’idée que l’individu a de l’importance. Avant Athènes, les gouvernements étaient des systèmes politiques autocratiques qui considéraient que l’humanité avait besoin d’une main ferme pour la contrôler ou bien ce serait le chaos qui l’emporterait. Le concept de démocratie était donc vraiment révolutionnaire en cela que l’individu apparaissait désormais comme capable de s’auto-déterminer et qu’une telle liberté n’engendrerait pas le chaos.

Le socialisme est revenu à cette affirmation de la nécessité d’une règle forte où l’individu est incapable de s’occuper de lui-même et a besoin d’un dirigeant puissant. La résurrection d’une forme de gouvernement autoritaire, dont le véritable principe sous-jacent est que nous sommes incapables de nous prendre en charge, eu également lieu durant le siècle des Lumières. Cette théorie hybride devint un moyen habile de marier règle autoritaire avec une forme singulière de droits individuels. Cela fut retenu par l’Histoire comme le contrat social. En moral et en philosophie politique, ce concept de contrat social (qui est un contrat politique) visa à établir les fondations d’une société où les droits sociaux se fondaient dans la légitimité réaffirmée de l’autorité de l’Etat sur l’individu.

Le “Leviathan” est un livre écrit par Thomas Hobbes (1588-1679) et publié à l’origine en 1651, durant la Guerre Civile Anglaise (1642-1651). Le “Leviathan” plaide déjà pour un contrat social en affirmant que les gens ont besoin d’un roi avec un pouvoir souverain absolu. Hobbes explique que la guerre civile ne peut seulement être évitée qu’en instaurant un gouvernement uni et puissant. Evidemment, c’est cette même théorie qui se cache derrière l’idée d’un gouvernement unique européen. Le contrat social (Du contrat social ou Principes du droit politique) est aussi le titre d’un livre de Jean-Jacques Rousseau sur ce sujet datant de 1762.

Le problème avec le concept de contrat social est qu’il n’a jamais été capable d’enrayer le désir d’accumuler de plus en plus de pouvoir. C’est là que l’idée même de socialisme trouve la source de sa corruption et devient ainsi inaccessible. Il semble qu’il n’y ait aucun moyen de faire perdurer la préservation des droits sociétaux face à une quelconque forme de règle autoritaire.

Les Romains renversèrent leur roi en 509 av. JC, à l’image des révolutions contre la monarchie durant le 18e siècle. Et, comme lorsqu’ils eurent à renverser la République gangrenée par les oligarques, à la manière de ce que l’on connait également aujourd’hui, nous allons avoir à faire face au même danger de se retrouver avec des rois imposés, usant de prétextes démocratiques. On a connu des dictateurs au Moyen-Orient qui prétendaient avoir été élus. Cette duperie fait partie, une fois de plus, de la nature humaine. Avec eux, tout n’est que cosmétique. Le 16 janvier de l’an 27 av. JC, les Romains donnèrent à Octavien le titre de “Princeps”, un mot latin signifiant : “Premier en terme de temps ou d’ordre; le premier, le chef, le plus éminent, distingué, ou noble; le premier homme, la première personne.” Ils lui donnèrent également le titre “Auguste”, du latin “Augere” (voulant dire “augmenter”), ce qui peut aussi se traduire par “l’illustre”, “majestueux”, “le multiplicateur”, ou encore “vénérable”, qui était un titre d’autorité religieuse plutôt que politique. Le terme “Auguste” devint de fait le titre des empereurs. Nous arrivons à dater les monnaies car les empereurs recevaient, chaque année, une année de pouvoir, un peu comme si le Sénat de l’ancienne République les avait désigné.

Bref, pour en revenir à nos moutons, tous les historiens établissent le début de la Chute de Rome à la mort de Marc Aurèle en 180 apr. J.-C. Il parvint presque à faire entrer son empire dans un nouvel âge en envoyant un ambassadeur en Chine. Ceci a été mis en lumière dans des livres de la dynastie Tang. L’Est et l’Ouest se connaissaient et des marchands avaient établi des routes commerciales. Cela aurait pu être le début d’une forme d’économie mondialisée majeure en 180 de notre ère !

La mort de Marc Aurèle mit malheureusement un terme à cet âge d’or et à l’expansion de l’économie mondiale. Commode, son taré de fils, lui succéda. Commode était juste complètement dingue, se dépeignant sous les traits d’Hercule sur des pièces et c’est la garde prétorienne qui dirigea Rome le temps de son règne mais cela leur monta tellement à la tête que la corruption se pratiquait au grand jour. Pour l’anecdote, à la mort de Commode, la garde prétorienne mit aux enchères la position d’empereur…

Si je balaie rapidement ces différents points, c’est pour pouvoir montrer que tout se répète inlassablement. La chute du système monétaire romain s’étala sur seulement 8 années ! C’est la capture de Valérien I par les Perses qui déclencha cet événement économique majeur. La descente est en effet à chaque fois très rapide.

Le communisme est apparu pour la première fois en France en 1793 via La Commune. Marx, qui était à l’origine socialiste, eut vent de cette expérimentation et se rangea derrière elle. Il est sans conteste l’économiste le plus influent que la Terre ait porté. Le Communisme abolit la notion de propriété privée au profit d’une gestion centralisée alors que le Socialisme autorise la possession privée mais décide ce que l’on est en droit de garder. Bizarrement, la seule discrimination acceptable de nos jours est celle se basant sur les biens d’autrui. On tolère, et heureusement, les différences d’orientations sexuelles, de religions ou encore de couleurs de peau mais la différence d’enrichissement est vue comme suspecte et se doit d’être contrôlée, corrigée. Reliquat rance d’une idéologie mortifère, celles d’extrême gauche ayant fait plus de morts que celles d’extrême droite, toutes périodes confondues. La tolérance n’est pas là où l’on croit…

Ainsi, la course à la taxe dans laquelle se sont lancés les Etats occidentaux modernes en vue d’assurer la pérennité de leur statut est très inquiétante et marque une ère où la chose gouvernementale n’est plus là pour préserver le vivre ensemble, ou défendre le fragile face au puissant, même si elle agite cela comme le prétexte ultime, mais bien diviser pour mieux régner.

Le gouvernement ne DOIT pas dépasser une certaine masse ou alors il devient comme un trou noir, aspirant les richesses produites en trop grande quantité, et empêche un développement économique sain. Donnez à ses membres un petit doigt de Pouvoir et ils vous prennent le bras puis le corps entier !

Historiquement, les taxes incarnent « La Grande Faucheuse » car elles ne sont pas différentes, économiquement parlant, d’un gangster venant vous maltraiter pour que vous puissiez continuer à tenir votre business. La taxation excessive de l’immobilier à Rome a fait passer son nombre d’habitants de 1 million à 15 000 car les gens ne pouvaient plus payer. En retour, les soldats, ne touchant plus leur pension, se sont mis à piller la ville, notamment les temples.

La CONFIANCE ne fait qu’osciller du PUBLIC vers le PRIVE et inversement. Mouvement cyclique par excellence qui s’organise lui-même en 6 vagues. Actuellement, on est dans une phase de DEFIANCE vis-à-vis de la chose publique. Et on est de plus dans la 6ème Vague. Cela signifie que les gouvernements occidentaux vont devenir de plus en plus autoritaires, voire totalitaires, afin de préserver leur mode de vie. On ne peut rien faire contre cela. On doit s’écraser dans un déluge de flammes avant de pouvoir renaître tel le (sym)Phoenix. Là, on attaquera un nouveau cycle de confiance dans tout ce qui est public. Mais le monde aura changé de visage, la Chine étant redevenue le nouveau pôle économique majeur. Comme elle le fut au XIXe siècle… Encore un cycle…

Ce ne sont pas les entreprises privées qu’il faut craindre, le client étant roi et ayant ainsi droit de vie et de mort sur elles mais de l’entreprise publique qui ne produit strictement rien de viable sur le long-terme et qui accumule un pouvoir qui se fait de jour en jour plus menaçant…

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