Et ils se découvrirent une conscience…

Alors qu’on approche de l’acte final de la comédie humaine, les acteurs oublient leur texte. Au-delà des convenances, habillés de leur vice, ils savourent leurs artifices, si vides de substance. Et comme les spectateurs sont béats, leurs serviteurs redoublent d’incompétence, dans l’hilarité générale. La grande fête païenne a débuté. Certains apportent leur suffisance, d’autres leur médiocrité, mais tous savent s’unirent, pour se féliciter. Et ils s’embrassent, se réjouissant de leur nombril disparu. Plus d’origine, plus de destin. Qu’une tape sur l’épaule peut stimuler le contentement abject…

Mais si tous ont tort,
pensant avoir raison,
qu’adviendra-t-il de celui,
qui à leurs yeux a tort,
mais en réalité a raison ?

Le petit, le microbe, assujetti, les dérobe. Empiffrez-vous de vos doctrines car vous pensez qu’elles sont à votre image. Vous êtes en tout point méprisables et vos circonvolutions d’apparat n’impressionnent que vous ! Il ne restera rien de vos simagrées, de vos trésors d’inefficacité, de vos enseignements creux et de votre oisiveté mortifère. Et lorsque vous aurez ri de son souvenir à vous en étouffer, il reviendra pour vous juger.

A ce moment de l’histoire, vous chercherez en vain des stratagèmes. Le ventre tordu par la peur, vous ramperez à ses pieds. Dépouillée de sa chair, votre ossature légère, s’éparpillera en fragments insignifiants d’un silence ostracisant. Vous chercherez encore et encore la source de vos erreurs, avant de réaliser qu’il n’y a rien qui ne ravive la lumière qui se meurt.

Et ils se découvrirent une conscience…

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